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Préparation du colloque 5

Anthropologie du présent séance du 11 juin 2010

Préparation du colloque 4

Anthropologie du présent séance du 28 mai 2010

Préparation du colloque 3

LA SORCELLERIE

                Claude Brodeur

Je devrais peut-être m’excuser pour l’audace avec laquelle j’aborderai ces récits de sorcellerie, l’audace de celui qui fréquente à chaque jour les sentiers de l’inconscient. Le psychanalyste est souvent brutal dans ses interprétations. Cela peut écorcher les oreilles et la sensibilité d’un anthropologue : celui-ci est toujours si soucieux de respecter les moindres inflexions de la culture qu’il étudie. Un lecteur Yaka sera sans doute aussi quelque peu choqué : tout dévoilement du drame d’un inconscient ébranle même les esprits les plus solides.

Il ne faut pas lire mon analyse au premier degré, elle relève du niveau d’un inconscient collectif. On comprendra mieux, dès lors, son style et la violence de certaines propositions.

Enfin, j’essayerai de rester au plus près du récit, afin d’introduire le moins possible d’éléments étrangers au texte.  

Premier récit (1 - 2)

Le scénario serait le suivant : un enfant a faim ; une maman «inconnue» lui donne alors à manger ; celle-ci l’entraîne ensuite dans le lieu de la sorcellerie (lieu réel et symbolique de la forêt, temps réel et symbolique de la nuit) ; elle lui demande alors le «secret» : le monde de la forêt et des ténèbres doit être gardé hors vision ou hors portée du monde du village ; l’enfant sera finalement lavé de la sorcellerie dans ces églises (pentecôtistes ou chrétiennes traditionnelles), qui font basculer des ténèbres à la lumière. Est-ce un scénario type ?

Dans ce récit, une mère présente son enfant de onze ans. Celui-ci «a été rendu sorcier par une maman jusque là inconnue.» Éric, son fils, «ne connaît pas le nom de cette maman.». L’entrée dans la sorcellerie passe donc par la maman, et plus précisément par une maman qui n’a pas de nom. C’est ainsi le domaine de la mère ; mais il s’agit ici, plus précisément, d’une mère sans nom.

Essayons tout de suite d’aller un peu plus loin : ne peut-on pas déjà penser que l’univers de la sorcellerie, cet univers de la maman sans nom, relèverait de l’ordre du non-temps et du non-espace. La métaphore utilisée dans la culture Yaka est celle de la forêt, qui est un espace sans aucune borne ni repère, mais aussi celle de la nuit, de la nuit des plus profondes ténèbres. On serait ici dans l’absence radicale de sens et d’éthique. Le vide absolu ...

? la suite de cet ensorcellement, pense la mère, son fils est tombé malade : «c’est comme si l’enfant ne mangeait pas. Son aspect physique a complètement changé. On aurait dit un enfant atteint de marasme.» La maladie relève ainsi de la mère : c’est une question de nourriture. Afin de le guérir, on l’a amené dans une église du Renouveau charismatique, pour qu’il soit désensorcelé par le prophète. Il s’agit en réalité d’une église catholique.

Venons-en au récit du garçon. «Ce jour-là, j’avais grandement faim». C’est ainsi dans la faim qu’il est attiré par la sorcellerie. La mère n’arrive pas à offrir le manger à l’enfant : elle n’est pas adéquate, elle affame son enfant plutôt que de le nourrir. La sorcellerie n’est-elle pas toujours liée à la faim ?

L’enfant va donc chercher ailleurs : «Soudain j’ai une maman que je ne connais pas de nom. Cette maman-là m’offre du riz à manger.» Il a donc maintenant deux mamans : la méchante qui ne nourrit pas et une bonne qui donne à manger. Or il y a un fossé tel entre les deux que la seconde ne peut être nommée à la première. C’est la séparation la plus radicale qui soit : les psychanalystes parlent alors de clivage ou même plutôt de forclusion. Deux mondes ... deux espaces sans bornes ...

La maman de la nuit a donc appâté l’enfant avec du riz. Dans la culture Yaka, c’est un aliment plutôt léger, une nourriture des marchés ; nous verrons qu’elle l’amènera bientôt vers du plus solide. Elle l’appelle ensuite familièrement par un nom de rue : «Tonton Éric» et elle lui dit qu’il est maintenant «son enfant préféré». Tout cela relève, bien sûr, de la bonne maman, qui répare, dans la réalité, ce que la première n’a pas fait : elle donne généreusement à manger dans sa propre maison. Mais les choses ne vont-elles pas bientôt s’inverser ? «Je voudrais que la nuit tu viennes encore manger», lui dit-elle. Dans la nuit, nous le verrons, la nourriture prendra une tout autre signification.

Il faut toutefois que cette aventure de la nuit demeure absolument secrète : «Dans notre famille, je n’ai dit à personne que j’ai mangé chez une maman quelconque», une maman qui n’a pas de nom. Ce sera d’ailleurs une injonction plusieurs fois répétée par cette dernière. L’enfant se trouve ainsi vraiment entraîné dans un monde secret, un autre monde, un anti-monde peut-être.

Une nuit, alors que toute la maisonnée est profondément endormie, la maman de la nuit vient le réveiller. Elle se montre sous la double figure moderne et ancienne de l’avion et de l’oiseau. «Une nuit, nous dormions tous profondément. Cette maman a pris l’avion, elle est venue tomber sur le toit de notre maison. J’ai entendu dans mon sommeil profond comme un oiseau de haute taille qui tombait sur notre toit.» Et la maman l’appelle alors à trois reprises :«Éric, Éric, Éric» C’est un appel impérieux.

L’enfant précise toutefois ensuite qu’il l’a d’abord vue dans toute sa réalité : «Vraiment une personne en chair et en os. Comme je l’ai vue durant la journée.» Mais elle s’est ensuite subitement  «transformée» en oiseau. Il a très peur : «Je voulais crier.» «Il était trop tard», doit-il avouer. Cette maman serait donc un oiseau rapace. La métamorphose vient d’avoir lieu : celle qui était, dans la réalité, une si bonne maman deviendra plutôt, dans la dérive fantasmatique (ou peut-être dans une autre réalité), une maman tout à fait monstrueuse.

Cela se passe-t-il dans le fantasme ou dans la réalité ? La frontière est tellement mince entre les deux zones qu’on ne sait pas s’il s’agit d’événements réels de la nuit ou de fantasmagories : il existe sans doute souvent des passages à l’acte dans la communauté Yaka.

Nous avons là un double renversement : tandis que la réalité vient de basculer dans le délire, la maman de la grande bonté va se transformer, comme nous le verrons mieux par la suite, en maman véritablement monstrueuse. Tout un pan de la culture Yaka ne se renverse-t-il pas ainsi, dans cette double figure mythique de la maman, dans un autre lieu de culture ? Le lieu des enfers disaient les hommes du Moyen Âge ? C’est du Jérôme Bosch ...

La maman de la nuit se montre d’abord très rassurante : «Tu mangeras à ta faim. Nous serons sous un arbre du marché. Ces papas et ces mamans que tu vois sont mes amis, ils t’aiment. Là où nous allons, il y a de très bonnes choses.» Mais elle insiste à nouveau pour que tout cela demeure dans le plus grand secret : «Tu en garderas le secret demain matin quand tu rentreras chez toi à la maison.» Les choses de la nuit ne doivent pas traverser la frontière entre nuit et jour, cette frontière est absolument étanche, ce n’est pas véritablement un lieu de passage.

Ici, on ne mange pas des aliments légers comme le riz : «On ne mange pas n’importe quoi, tu le sauras. Nous allons manger de la viande.» C’est du solide et du sérieux. Mais quel est cet endroit où l’on mange de la viande ? Cela ne nous est révélé que dans la langue autochtone : «EPAI YA N’GONGO DIONGO.» Il s’agit du lieu des origines, de l’espace utérin. Au cours de cette expérience, on est donc au plus profond de la chose maternelle, le monde ténébreux et absolument obscur ou mystérieux de la femme-mère. Enfin, l’incursion dans cet espace de la mère est l’activité même de tout un peuple : «Tu verras, ce sont des hommes et des femmes qui viennent de partout.» Et cela se déroule dans la nuit : «de une heure à cinq heures du matin», précise la maman.

Nous y venons. Quelle est cette activité si ténébreuse ? C’est un échange, en communauté, de chair humaine : «chaque viande que nous allons manger est une chair humaine.» Comment penser cet échange de «morceaux de chair humaine» entre les hommes autrement qu’en référence au nourrisson : celui-ci ne prend pas le lait de la mère, il mange la mère. Dans son inconscient ou dans sa culture d’enfant, il dévore littéralement sa maman. C’est exactement ce que l’on fait au cours de ces nuits qui nous paraissent si monstrueuses. On est tout simplement dans la pensée et le faire du lieux et du temps de la dévoration. Le côté ténébreux du rapport à la maman ...

En même temps qu’on participe à cette espèce de rituel nocturne, ne faut-il pas, dans la réalité, s’en garder à tout prix ? La maman dit à Tonton Éric : «N’acceptes aucun cadeau. Ici, toute demande signifie que tu sollicites une dette, et chaque dette n’est payable que par un morceau de chair.» Malgré qu’elle l’amène dans cette orgie nocturne, la maman essaye donc, tout au moins dans un premier temps, de le soustraire à ces échanges dans la chair, la dévoration collective de la mère. L’enfant dira d’ailleurs que «ce jour-là (le premier), il n’était qu’un simple observateur.»

         Éric raconte ensuite ce qu’il a vu au cours de cette nuit. Il est ici question d’os de porc avec lesquels on allume un feu, de cordon ombilical qui devient une immense marmite, d’un liquide rouge de sang humain dans une bouteille. Ce sont des symboles propres à la culture Yaka. Il faudrait étudier davantage ce langage de la sorcellerie. N’est-on pas ici toutefois dans l’univers de la femme-mère avec le cordon ombilical, la marmite ouverte à toutes les concoctions et même ce feu qu’on allume avec des côtes de porc identiques aux côtes mêmes d’un enfant mort-né. Il s’agit alors assez clairement de cette méchante maman qui porte son enfant pour la mort plutôt que pour la vie.

C’est à la troisième nuit seulement qu’on propose à l’enfant de devenir «le chef des sorciers enfants». Le prix à payer est énorme : «On m’a demandé de donner mon père ou ma mère», de les donner à manger. Alors seulement il deviendra «un chef célèbre, un chargé de missions pour tuer les hommes partout où on l’enverra.» «J’étais parfaitement d’accord», avoue-t-il froidement. C’est ici véritablement l’univers du meurtre et de la mort. Petit dévorateur, le nourrisson ne tue-t-il pas aussi maman dans l’acte de la tétée ?

L’enfant n’arrivera pas à tuer son père ou sa mère. Les sorciers qui l’accompagnent dans cette tâche, pas davantage : «ils n’y voient que du feu sur feu». La maman de la nuit se fâche alors et lui rappelle qu’il était pourtant d’accord pour les tuer. Il doit maintenant payer pour la viande humaine qu’il a mangé :« Ce sont des dettes à payer.»  «Rien n’est pour rien.»  «Tu dois tout et tout payer.» D’autant plus que cette viande, précise la maman, appartenait à son propre père : «Ces morceaux de poumon sont les poumons de la viande du corps humain de mon père ..., ce sont les dents du corps humain de mon père.»

La maman de la nuit introduit ici une information qu’il faut retenir : «Ce sont d’habitude les pères qu’on tue et non les mères». Est-ce que les pères, étrangers en tant que pères à cette cérémonie nocturne de la mère, ne sont pas, en effet, très précisément ceux qu’il faut rejeter comme chose exogène à la vie de la nuit ? Mais, là, nous entrons dans une autre question, celle de la place du père dans cette culture Yaka.

Comme l’enfant Éric ne parvient pas à tuer père ou mère, il devra finalement payer de son propre sang. «Tu dois mourir à sa place.» C’est la loi implacable de la chair, tu meurs ou je meurs, la vie ou la mort. Il tombera malade : il se sent constamment «poursuivi» pour ce qu’il a mangé.

S’il n’y arrive pas, c’est toutefois parce que ceux-ci sont déjà en dehors du champ de la culture Yaka : «ils sont partis très loin». Et le petit monstre précise : «ils sont dans leurs prières». Déjà donc l’Église des blancs ou des occidentaux est présente dans cette famille. C’est vers elle qu’on se tournera pour libérer l’enfant de la sorcellerie.

La famille s’adresse au prêtre catholique comme à un prophète. Elle rattache ainsi le rituel étranger à des rites de sa propre culture. Celui-ci, tirant d’abord de son côté le sens du geste religieux, essaie d’introduire l’enfant et sa famille dans son propre espace. Le prêtre ou son représentant demande : «Êtes-vous venus chez un féticheur ou chez Dieu en qui vous croyez ?» Il veut donc s’assurer que ces africains viennent véritablement auprès du Dieu des chrétiens et non pas chez un devin. Il insiste : «Avez-vous la foi en Dieu ?» C’est la condition pour que leur enfant soit «sauvé», pour qu’il guérisse. Ils répondent sans aucune hésitation : «Oui, nous sommes parfaitement sûrs.» Ils se plient ainsi sans sourciller aux exigences du prêtre et de cette religion qui vient de l’Occident. Il faut guérir leur fils. 

L’enfant et toute sa famille pourraient alors entrer dans une religion et une culture du Père. «Votre foi et celle de votre fils en Dieu le Père et dans son Fils Jésus Christ va sauver votre fils», précise alors le prêtre-prophète. Lorsqu’on commence à prier pour la guérison de l’enfant, c’est à nouveau au nom du «Père tout-puissant» et de son «Fils» : «Tu es mort sur cette croix pour nous délivrer de tout mal.» Ce Dieu des chrétiens pourrait donc «enlever» du corps d’Éric «tout ce qui est de l’esprit de l’homme, tout ce qui est de l’esprit des ténèbres, tout ce qui est de l’esprit de la nuit», précise le prêtre. Et c’est ici que, pour la première fois, il fait lien entre sa théologie et la mythologie des Yaka : l’esprit de l’homme et du monde devient chez ses fidèles un «esprit de la nuit», un «esprit des ténèbres».

Commence alors un certain glissement de sens qu’il faut essayer de comprendre. Le Dieu des chrétiens s’attaque aux ténèbres ou à l’esprit de la nuit, pour les chasser de l’esprit de l’enfant, de la communauté des fidèles : «Jésus, vainqueur du diable, tu as chassé le diable dans le désert ..., tu as chassé les démons.» Probablement parce que ce Dieu paternel et sauveur s’est montré impuissant jusqu’à ce jour auprès des africains, ce n’est cependant plus Lui que le prêtre invoque dans la suite de la cérémonie : ce sera plutôt l’Esprit Saint, l’Esprit des Lumières. Il est vrai qu’il commence par rattacher la Lumière à Jésus lui-même : «Jésus, don de Dieu (le Père), source vive. Jésus, Lumière du monde, c’est ta Lumière que nous cherchons.» Tout de suite après, il remet toutefois le pouvoir de guérir entre les mains de l’Esprit Saint : «Fais descendre en lui ton Esprit Saint, ton Esprit le plus puissant.» Cette même invocation devient par la suite immense, elle envahit l’espace entier : «Fais jaillir en lui ta puissance, ta puissance la plus puissante, ta puissance de puissance, puissance de l’Esprit Saint.» L’enfant, le petit de l’homme, au lieu de s’inscrire ici dans l’ordre et le projet du Père des chrétiens, sera donc plutôt envahi par la Lumière, par le tremblement de l’Esprit, sa puissance sans borne et sans limite. De fait, les assistants à la cérémonie commencent alors à parler en langues : «O frabato frabato fra  O dyuga dyuga dyu  O fatabara barabara fa  O brakata brakata bra.» L’Esprit des Ténèbres n’est plus, dès lors, vraiment chassé de la vie de l’enfant comme dans la religion des chrétiens ; il est plutôt remplacé, dans un brusque renversement des choses, par un Esprit tout aussi délirant, celui des Lumières.

Posons-nous déjà la question : tandis que les Élises traditionnelles doivent modifier l’essence même de leur projet originaire pour convertir à leur foi les africains, les Églises pentecôtistes, qui sont par définition des religions de l’Esprit et des Lumières, n’ont-elles pas beaucoup plus de chance d’y arriver que les premières ?                

Finalement, je risque ici une certaine équation entre le Saint Esprit, cet Esprit des vives et éclatantes Lumières et une maman qui enveloppe l’enfant de tout son être, dans le creux sans fond de son ventre. Avec le Saint Esprit, ne passe-t-on pas, dès lors, de la figure symbolique du Père des chrétiens à celle d’une bonne maman, qui absorbe l’enfant dans son sein comme dans une immense Lumière, la Lumière même du lieu des origines de la vie ?

          Une proposition

Ne peut-on pas maintenant repenser la culture Yaka sous la figure symbolique de la maman ? C’est une culture de l’oralité : cet enfant a faim. Déjà, dans la réalité de la vie quotidienne, apparaît la double figure de la maman qui prive l’enfant de nourriture et de celle qui le nourrit grassement. Mais cela, par un renversement radical de la réalité dans la vie fantasmatique, prend vite le chemin du délire : dans la sorcellerie, cet enfant mange la chair nourricière, tandis que, dans l’expérience religieuse, il est dévoré par celle-ci, se laisse aspirer dans son ventre. Sans cesse, il passe ainsi, par brusques sauts, de la nuit la plus profonde au jour le plus éclatant ou, inversement, d’une lumière éblouissante aux ténèbres les plus obscures.                                                  

Dans le cours de la vie ordinaire du jour, se profile toutefois un certain principe d’autorité chez les Yaka : l’ancêtre, l’oncle maternel et à leur façon le père lui-même ou le chef du village. Mais il n’en est pas ici question. Il faut le chercher dans certains rituels et, plus particulièrement, dans ceux de l’intronisation du chef ou dans celui de l’activité thérapeutique.  

Deuxième récit ( 1 - 25 )    

Il est maintenant âgé de 21 ans et vit à Kinshasa. C’est toutefois à 7 ou 8 ans qu’il a été ensorcelé dans le village de son enfance. Et il est depuis lors devenu un sorcier fameux : Bebe Ramanzani «a sérieusement fait des exploits dans le monde des sorciers». En effet, il a mangé beaucoup de membres de son clan pour s’attaquer ensuite à «n’importe qui». Mais voilà que tout dernièrement un Groupe du nom de Moto Epela («que le feu brûle») l’a attrapé et lui a brûlé les organes génitaux. Ne parvenant pas à se faire soigner convenablement, il se rend dans une Église Pentecôtiste pour une «cure de l’âme».

Il raconte son expérience de la sorcellerie :

Il était alors en première année de l’école primaire. Un jour qu’il rentrait de l’école à l’heure de midi, alors qu’il «avait gravement faim», un certain papa l’appelle et lui donne à manger du manioc et de la viande de singe. «C’est ce manioc, affirme-t-il, qui a provoqué les affaires de la nuit», les choses de la sorcellerie. La faim, toujours la faim comme terrain d’éclosion de la sorcellerie. Et comme toujours aussi, on lui demande de garder le secret : «Il m’interdit de le dire chez nous à la maison.»         

Durant la nuit suivante, il entend une voix qui l’appelle : «Ramazani sors, sors, sors vite». C’est le papa Ekofffo qui l’appelle et l’amène dans la forêt pendant que son père et sa mère dorment dans la maison. Tandis que la forêt est le lieu de la sorcellerie, la nuit est son  temps propre. «C’était une nuit forte.»  Lorsque l’enfant l’interroge, le papa lui dit qu’ils vont aller à l’endroit d’où provient la nourriture et qu’il devra payer pour celle-ci durant cette nuit. Il est alors surpris et profondément effrayé : «Dès que je lui ai demandé, comme cela, tout d’un coup, les cinq doigts de la main se sont fermés sur ma figure.»

Ils traversent un étang en pirogue et arrivent sur un vaste terrain. Et là, tout le monde danse au son du tam-tam : les hommes et les mères, les petits enfants, garçons et filles. «Ils dansaient sur de la lumière» C’est la grande joie, la gaieté exubérante. On est dans la région lumineuse de l’existence, le côté aérien de la vie car chacun porte un chapeau en plumes d’oiseau. L’enfant Ramanzani est d’ailleurs lui-même  invité à entrer dans la danse. «Tous étaient très joyeux.» Puis ils chantent ensemble. C’est un chant de débauche et d’orgie, aucun interdit ne tient plus. Toutes les frontières sautent : on n’a plus à s’occuper d’autrui, que ce soit des autres enfants, de sa femme ou de son mari  («quand tu arrives ici, on n’a pas pitié d’enfants d’autrui» – «on n’a pas la femme d’autrui», ni «le mari d’autrui») ; il n’y a plus de classes d’âge («quand tu arrives ici, tu n’es pas un petit enfant, ni un grand homme, nous tous, nous sommes des hommes») ; on peut faire l’amour avec qui on veut, homme ou femme («quand tu attrapes une femme, soit en rapport sexuel avec elle ; si tu attrapes un homme, laisse le avoir des rapports sexuels avec toi»). C’est l’état de nature : «Tous sont restés nus, ils se sont pris deux à deux.» Il précise davantage : on peut même coucher avec sa sœur ou son frère. «être frère et sœur, c’est pour la journée et non pour la nuit. Surtout pas ici, chez les sorciers.» De la sorcellerie, on ne connaît toutefois ici que les grands éclatements de la jouissance et de la vie : on danse et on chante dans la lumière éblouissante. Un psychiatre dirait que c’est la phase maniaque. 

Tout vire dans son contraire, tout chavire dans la mort,  lorsqu’on commence à manger et que l’enfant réalise que les aliments ne sont pas faits de chair de singe mais de chair humaine. «J’ai cru que c’était de la viande de singe, alors que c’était des morceaux de chairs humaines.» Ce qui devait être un merveilleux et succulent repas, la grande joie du manger, devient subitement l’horreur suprême, un acte de cannibalisme.  

? la fin du banquet, papa Ecoffo dit à l’enfant : «Maintenant rentrons chez nous, dans nos maisons». Et il réitère son avertissement : il ne faut pas parler de ces choses, «on ne les raconte pas durant la journée». Les affaires de sorcellerie ne doivent donc pas empiéter sur les activités du jour.      

 Lorsque, deux jours après, Ramanzani revoit Ecoffo au marché, celui-ci lui rappelle sa dette envers la sorcellerie. Pour que la vie soit aussi exubérante, il faut payer de la mort des siens. La mort ainsi alimentera la vie. Cette fois il ne se cachera plus les yeux, il donnera père, mère, frères et sœurs. «Le goût que j’ai pris à leurs choses m’a poussé à signer que je leur donne notre père, notre mère et mes frères aînés, tous les trois, une fille et deux garçons.» – «Comme j’ai accepté, on a commencé à les tuer comme des poules.» La nuit des orgies est plus puissante que la raison et le clarté du jour.   

En retour, on lui confère un pouvoir très fort, la «puissance de tuer» Il est devenu, comme il le dit, «tueur de tous les genres», un spécialiste dans l’art de tuer. C’est là, dans son récit, qu’il développe les différentes techniques apprises pour effectuer un meurtre. Je ne vais pas entrer dans le détail de ces rituels. On peut d’ailleurs lire le texte du récit. Mais je m’arrête à une opération particulière : on parle à chaque fois du sang menstruel. Ce sang du ventre de la mère dont la fonction est de donner la vie servira donc à causer la mort. Dans ce lieu de la mère, la vie se métamorphose subitement en mort. Voilà sans doute le sens profond de la sorcellerie.

Dans la «mort par un coup de foudre», le sorcier prend le sang du vagin d’une femme qui n’est pas enceinte et le mélange avec le sang d’une femme qui porte un enfant. Le narrateur parle ici d’eau dans un des deux cas, afin sans doute d’accorder la réalité du sang à la métaphore de la pluie dans son récit. En fait, il aurait tout aussi bien pu dire que le sang se transformait en eau dans cette épouvantable tempête qui allait entraîner la mort de sa victime. Dans «la mort par coup de fusil», le sorcier utilise à nouveau le sang d’une femme enceinte pour mouiller une «loque» qui entoure le miroir du meurtre. Dirigé vers le soleil, celui-ci enverra des rayons de soleil vers la victime afin de la tuer. «Toi soleil brûle, brille sur le corps d’un tel (on cite le nom de la personne), toi eau du cadavre mange-le comme on t’a mangé.» On voit ici clairement la correspondance entre le sang et l’eau : il s’agit d’une eau porteuse de mort comme l’est le sang de la mère. Enfin, dans «la mort par accident d’auto», il boit l’eau du vagin d’une femme qui n’a pas encore accouché, mais qui est morte d’un accident d’auto. Et il ajoute : «Dans cette bouteille-là, il y avait des choses rouges, que je ne connais vraiment pas.» Il s’agit donc ici aussi de sang, mais il ne veut pas reconnaître que c’est alors le sang de la mère. Ce qu’on trouve dans cette fiole, c’est pour lui «la drogue du sorcier».

Il fournit ensuite le principe qui justifie l’utilisation du sang de la mère : «Très souvent nous travaillons avec le sang du mois d’une femme (règles) et aussi l’eau du vagin, parce que la femme n’a pas de pitié. Chez elle, si elle dit que tu vas mourir, tu mourras, si elle décide que tu dois mourir, tu vas mourir.» Si la mère est capable d’une immense bonté, elle peut dont, pense-t-il, être impitoyable avec l’enfant, être d’une absolue méchanceté. On retrouve ici la double métaphore de la «bonne mère» et de la «mauvaise mère» de la psychanalyse chez Mélanie Klein.

Voilà pour le récit. Maintenant il va s’accuser longuement. «J’ai terminé notre famille pour rien.» Il est entré dans le cercle infernal de la sorcellerie, et tous les siens en ont souffert. «Lorsque je pense à mon père, à ma mère et à mes petits, j’ai grandement des soucis.» Pour tout réparer, il se «donne à Dieu». «Je me suis engagé à suivre Dieu, en renonçant à la sorcellerie.»

Il profère même une longue exhortation à l’endroit des parents et de tous les assistants à la cérémonie. ? tous, il dit : «N’entrez pas dans la route de la sorcellerie. Vous allez terminer vos familles pour rien.» Il supplie les parents de bien nourrir leurs enfants : «Vous les papas et les mamans, vous devez nourrir vos enfants très bien. Vous ne pouvez pas les laisser affamés.» C’est ainsi la faim qui poussent les enfants vers la sorcellerie.

«Vous frères et sœurs, jeunes, vieux, vous tous, vous devez suivre la voie de Dieu.» Ce Dieu, c’est toutefois pour lui le St Esprit, ce Dieu des Lumières qui chasse les Ténèbres de la sorcellerie. Voici son invocation :

«? Esprit Saint qui brille dans les cieux

Viens, ? Seigneur Jésus !

            Viens, lumière d’en haut

Que ta lumière, présente en cet endroit, dissipe nos ténèbres.»      

Proposition

Comme dans le premier récit, l’enfant a faim. Cette faim torturante l’entraîne vers la sorcellerie. C’est là qu’il connaît, dans la nuit et la forêt, la double expérience de la vie éclatante et de l’horrible mort. La sorcellerie devient alors cette métamorphose constante et subite de la vie à la mort, de la lumière aux ténèbres.  

Troisième récit (1 - 61)

C’est un garçon de 10 ans. Il a perdu son père et sa mère dans un accident de voiture. «Un papa (qui l’a alors recueilli) lui a donné la sorcellerie dans les noix de palme». Comme la noix de palme est l’image du ventre de la mère, on peut en conclure que la sorcellerie est du domaine de cette dernière. Il était déjà malade : il avait des écailles sur la peau. Mais l’ensorcellement a rendu sa maladie «très très critique». Enfin, «deux jours avant sa mort, il a tenu une causerie morale devant ses trois frères aînés et devant ses amis du quartier». Cette causerie était, plus précisément, une véritable confession de sa part dans les différentes églises de sa commune. Car Wisi – c’est son nom – «ne voit plus comment il pourra continuer à cacher les choses», ces choses de la sorcellerie. En effet, deux forces en lui se débattent et se combattent : celle de la sorcellerie et celle des Esprits. Tandis qu’il ne voit en rêves que «du feu qui brûle, du feu sur feu», «les Esprits qui ont pénétrés en lui par la prière exigent de dénoncer la sorcellerie avant sa mort». Il le fera sous forme de confession publique.

«Mes chers frères j’ai le corps épuisé.»  Puis, s’adressant alors au Dieu Tout-Puissant, il commence à raconter son aventure dans la sorcellerie. «Papa Sindani m’a fait avaler la sorcellerie dans les noix de palme bouillies» Les cérémonies, précise-t-il ensuite, se déroulaient la nuit, qui est le temps de la sorcellerie ; elles avaient aussi un lieu, la parcelle même du papa. On retrouve là, dans la ville de Kinshasa, une réplique en moins grand et grave de la sorcellerie des villages : la forêt est tout simplement ici remplacée par la parcelle d’un résident de la ville.

Mais il affirme ensuite qu’il existe une différence importante entre les deux lieux et les deux époques. «Si au temps, à l’époque des ancêtres, les sorciers mangeaient ou tuaient seulement les hommes de leur propre famille ou de leur clan, aujourd’hui il n’en est pas ainsi : pour le moment nous mangeons tous les hommes que nous voyons sur la rue.» Cette énorme différence explique la dangerosité et le marasme d’une ville comme Kinshasa : l’activité de sorcellerie n’a plus de borne, elle ne choisit plus ses victimes comme autrefois, elle est totalement fortuite. «Nous les tirons à partir de nos esprits», précise-t-il.

Wisi raconte ensuite le rituel. Il faut d’abord acheter les victimes de sorcellerie : «Nous les achetons en argent et aussi en choses à manger.» Autrefois, on utilisait plutôt la nourriture, maintenant on se sert de l’argent, cette monnaie des échanges dans la vie des cités. Puis il raconte  comment on prépare cet argent pour lui conférer sa puissance et son efficacité : «Nous préparons les  billets dans de l’eau avec laquelle on a lavé un cadavre. Après nous les imbibons de la graisse d’une personne qu’on a acheté avec de l’argent, par exemple le cadavre d’une femme pour laquelle on a payé au mari le compensation matrimoniale (c’est-à-dire la dot).» On est donc ici de plein pied dans le domaine morbide de la mort. C’est le côté mauvais et méchant de la sorcellerie : je parle ici parfois de «mauvaise mère».

Ce sont ces billets chargés de mort qu’on jette ensuite dans la rue ou sur la route. Et «pour toute personne qui va les ramasser, c’est fini», nous dit Wisi. Il précise : «Nous allons la tuer, il n’y aura pas de discussion ou de menace de la part de la famille ou de son clan.» C’est fatal : aucune règle morale, aucune action en justice ne peut empêcher cette activité maléfique de la sorcellerie.

Mais la roue de la méchanceté continue de tourner. On rendra comestible ce dernier cadavre, afin qu’il distille son poison partout dans la ville. «Nous le tuons et nous le coupons en morceaux que nous allons vendre nuitamment.» Ce qui était, au départ, de l’argent, devient désormais nourriture,  la sorcellerie prend ici son sens véritable : le manger-être mangé du domaine de l’oralité.

Or, contrairement à ce qui se passe dans les villages, cela s’étend même, en ville, jusque durant la journée : «Nous prenons les morceaux de viande qui sont restés la nuit, nous les changeons en aliments qui donnent envie d’être mangés ou de les manger durant la journée : comme les morceaux de viande de porc, les morceaux de queue de dindon, les noix de palme, les aliments qui sont graisse sur graisse. Ce qui donne souvent aux petits enfants envie de les manger.» Une nourriture particulièrement appétissante : «graisse sur graisse». Après avoir invoqué «l’esprit de nuit» ou l’esprit de la sorcellerie, on les distribue aux quatre coins de la ville. «C’est fini» pour ceux qui mangent de ces aliments.

Mais voilà que l’enfant Wisi est fort attristé par ce qu’il a fait. «Je suis fort attristé parce que nous avons terminé beaucoup de gens en les achetant par de l’argent et aussi par des denrées alimentaires, par les choses à manger.» Il va s’en confesser dans les églises : «Mes chers, cessez de ramasser de l’argent sur les rues ... ; cessez de demander des morceaux de viande ..., surtout vous les petits enfants.» Il est sincère.

Il en rajoute cependant. Les «mauvais esprits» de la sorcellerie les amènent à prendre les cheveux des hommes qu’on coupe lorsqu’il y a deuil au moment de la palabre funéraire, à  les jeter dans «le trou des installations hygiénique qui est le lieu des mauvais esprits», afin de tuer ceux qui les mangeront «nuitamment».

Il devient plus personnel. Sous l’effet de l’ensorcellent, il a même abusé de sa sœur : «Ma grande sœur, j’ai fait d’elle ma femme de nuit. Je fais avec elle des rapports sexuels nuitamment tous les jours.»  Il est tombé dans la pire des perversions selon les codes sociaux de sa communauté. Il s’en accuse : «Ma grande sœur, pardonne-moi.» –  «Le Seigneur Dieu va te laver.»

Il parle également de ses frères et de l’épouse de son oncle : ceux-ci n’ont pas de travail et celle-là ne parvient pas à avoir un enfant. C’est entièrement de sa faute, pense-t-il. «Nous avons séché leur bonne chance.» Il essaie de réparer en les faisant entrer à leur tour dans la «cure d’âme».  

La fin de son expérience et de son aventure en sorcellerie sera tragique. Comme il n’a pu payer de quelque vie que ce soit pour son ensorcellement puisque son père et sa mère étaient déjà morts, le papa qui l’a adopté a décidé de le tuer. «Comme je n’avais personne à leur donner, papa Sindani a pris le décision de me tuer. Voilà pourquoi je suis devenu un maladif, quelqu’un qui n’a pas de santé.»

Il mourra. «La nuit de ce jour-là, le jour de sa confession publique, monsieur Wisi a coupé l’âme, il est mort.»

Proposition

Dans ce deuxième récit, on n’aperçoit que la face maléfique de la sorcellerie, on est dans le domaine de la mort. Cela se passe toutefois, encore ici, sur le plan de l’oralité : un enfant a faim. Comme nous sommes maintenant en ville, les règles du rituel ou de la cérémonie de sorcellerie sont transgressées : celle-ci frappe le jour comme la nuit, elle s’attaque à quiconque se trouve sur son chemin. Kinshasa : la sorcière.       

Quatrième récit (2 - 95 )

C’est l’histoire habituelle. Deux enfants, Teki et Rebeca, ont faim. Un papa de la rue leur donne à manger. La nuit, il vient et leur demande de payer d’un coq et d’une poule blancs, c’est-à-dire de la chair humaine de l’un des membres de la famille ou de quelqu’un d’autre. La maman est donc, ici aussi, méchante. Elle est profondément méchante, puisqu’elle «les maudit tout le temps». «Ces enfants, s’ils ont eu cette malchance, c’est la faute à leur mère» Ce sont même, pensent-ils, ces malédictions de la mère qui les «mettent sur la route pour tuer».

Le sorcier, papa Kayeya, leur donne donc à manger à leur faim. Il les entraîne après dans des aventures merveilleuses. Ils montent sur le dos de ses chèvres ; ces chèvres se transforment ensuite subitement en avion ; ils descendent au marché des aliments sur un tronc de manguier qui leur sert de piste d’atterrissage. Mais voilà que ces aventures époustouflantes ne sont possible que dans la mort. Si l’avion est «le squelette d’un corbeau», il ne peut s’envoler que s’il a été arrosé «par le sang et la graisse de l’homme». La dichotomie vie et mort est donc omniprésente. Tout de suite après dans le récit, les actes de tuerie remontent d’ailleurs à la surface. «Nous sommes les tueurs et nous dépeçons la viande de l’homme.»

Teki et Rebeca s’en accuseront à l’Église. «Que nos parents nous pardonnent» Ils ont toutefois une bonne excuse : «Nous n’avons pas décidé de devenir des sorciers. C’est la faim qui nous a trompé.»        

Proposition

Toujours le même scénario : un enfant a faim, parce que la mère, dans sa grande méchanceté, ne le nourrit pas et même ici le maudit. Un papa sorcier lui offre alors la nourriture et des plaisirs absolument intenses : il joue le rôle d’une bonne mère. Mais cela se renverse subitement dans son contraire, puisque ce père, après avoir été si bon, entraînera l’enfant dans le mal le plus horrible qui soit : en échange de la nourriture, il doit tuer père et mère, frères er sœurs.

Cinquième récit ( 2 - 129 )

L’intérêt de ce récit vient surtout du traitement de la sorcellerie par les Églises. Celle dont il s’agit ici établit une équation entre le sorcier et Satan. Le prophète va prier «pour casser, briser la puissance de Satan, pour que l’enfant rentre dans l’Esprit de Dieu». On assistera donc à un féroce combat entre Satan et l’Esprit de Dieu. Ce dernier l’emportera, l’enfant sera délivré du pouvoir de Satan. «Satan, mauvais enfant, vaurien, mauvais Esprit, nous marchons sur toi. Laisse tranquille notre Sara.» – «Que dans le corps de Sara brûle le feu, la lumière de Dieu, la lumière de l’Esprit Saint.» Sara, dont le ventre était gonflé, est maintenant guérie, car «la puissance de Dieu surpasse la puissance du sorcier, la puissance de Satan.»

Proposition

Les Églises, catholiques ou protestantes, se sont vite attaqué à la sorcellerie. Il était facile d’identifier le sorcier à la figure de Satan. C’est donc ainsi qu’elles ont intégré la culture religieuse des africains à leur mythologie. Cela devait avoir une certaine efficacité.