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Préparation du colloque 5

Anthropologie du présent séance du 11 juin 2010

Préparation du colloque 4

Anthropologie du présent séance du 28 mai 2010

Préparation du colloque 3

 

Chronique épistémologique

La topologie est-elle mortelle?

Lors d'un échange récent avec l'ÉLM, j'avais réagi au «départ» de François Pouppez qui faisait suite à celui de Hervé Coster, en l'attribuant à la part qu'il aurait prise dans une certaine conjoncture institutionnelle prévalant à l'ÉLM.  Il était lié à l'ÉLM par des liens tant institutionnels que personnels et j'avais fait l'hypothèse que sa situation y était tellement insupportable qu'il avait choisi pour s'en extirper d'attenter à ses jours. 

Je trouve cependant aujourd'hui que l'explication est un peu courte dans la mesure où elle ne tient pas compte de deux faits:

  • d'abord que tant F. Pouppez que H. Coster étaient topologues

  • ensuite qu'à la série de ces deux topologues morts dans des circonstances comparables, il fallait ajouter le suicide de P. Soury au tournant des années 80.

Trois décès à dix années d'intervalle de trois topologues renommés dans le milieu analytique, ce n'est plus une coïncidence, ça frise le roman policier.  On ne peut pas ne pas en parler et essayer de comprendre.  Il n'y a pas qu'un deuil à faire ici pour ceux qui les ont connus, il y a pour eux, ains i que pour tous les psychanalystes, à trouver une explication ou un début d'explication à cette troublante série.

Pour commencer à essayer de comprendre, je proposerais un mythe bien connu qui semble avoir été forgé exprès pour la circonstance: celui de Dédale et Icare.

En passant rapidement sur les détails non pertinents, l'on sait qu'à Dédale l'ingénieur, Minos avait confié la tâche de construire un labyrinthe pour y enfermer l'ininscriptible du sexuel, en l'occurrence le Minotaure; lui-même fruit des amours coupables de Pasiphaé, son épouse, et d'un taureau.

Après s'être honorablement acquitté de sa tâche, Dédale s'est vu enfermé dans ce même labyrinthe fruit de son travail avec Icare, son fils.  La connaissance, pour l'avoir fait, des moindres recoins du dédale ne leur fut d'aucun secours.  Il leur fallut user de l'ingéniosité d'un subterfuge et se confectionnèrent des ailes à l'aide de cire d'abeille et de plumes d'oiseaux.

Il prirent tous deux leur envol libérateur.  Hélas, Icare plus jeune, se rapprocha trop du soleil et y perdit des plumes, ce qui lui fut fatal.  Et si dédale sert aujourd'hui à désigner des labyrinthes, Icare laissa son nom à la mer qui accueillit sa chute.

Ce modèle mythique s'applique aisément dans la série qui nous occupe.  Le rapport de paternité est tout à fait présent, le cas le plus connu de la série étant le lien privilégié entre Soury et Lacan.  L'enfermement dans le labyrinthe se devine aisément.  Enfin «l'envol» de Pouppez et le plongeon de Coster se conjoignent pour décrire la trajectoire d'Icare.

Mais il y aurait aussi, chez le père initiateur, Lacan dans un des cas, un désir de se soustraire à la fascination «réelle» pour le labyrinthe dont le plus sûr verrou est le témoignage et la présence de tous les élèves de l'École Freudienne.  D'où la dissolution qui dégage tant les fils que le père de l'enfermement qu'on a cru institutionnel.

Pour de qui est de Jean-Paul Gilson qui fut le père initiateur dans les deux autres cas, son envol «libérateur» pour le Canada fut suivi de près par le «départ» de Coster.

Je rappelle que ceci est une réflexion épistémologique et qu'il n'est pas dans mon intention de préciser des faits plus avant; chose qui pourrait être préjudiciable autant aux personnes impliquées qu'à la réflexion entreprise pour comprendre cette tragédie sérielle.

Einstein a imaginé un jour une sphère sur laquelle circuleraient des êtres extrêmement plats. Ces êtres tout en ayant l'impression d'être dans un espace infini ne sauraient pas qu'une troisième dimension existe et les gouverne pareillement.  Ceci pour expliquer que, mutatis mutandis, notre univers tridimensionnel pourrait bien comporter une quatrième dimension sans que jamais nos sens n'en soient informés.

Peut-être que nos topologues ont voulu se projeter dans la quatrième dimension que le nœud borroméen leur faisait pressentir.